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Article · 26 octobre 2026

Recours contre une OQTF : délais d'un mois, sept jours ou 48 heures, juridiction et effet suspensif

En bref : depuis la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, le recours contre une OQTF se forme devant le tribunal administratif dans un délai d'un mois en principe, de sept jours si l'étranger est assigné à résidence ou détenu, et de 48 heures s'il est en rétention. Pendant ce délai et jusqu'au jugement, l'éloignement effectif est impossible (article L722-7 du CESEDA).

Vérifié le 26 octobre 2026 sur Légifrance (CESEDA, articles L614-1 à L614-4, L722-7, L911-1, L921-1 à L921-4, L922-2, R911-1, R921-1 à R921-4 et R922-27 dans leur version en vigueur, dont celles issues des décrets n° 2026-455 et n° 2026-456 du 6 juin 2026 ; code de justice administrative, article L521-2) et sur service-public.gouv.fr (fiche « Obligation de quitter le territoire français (OQTF) », vérifiée le 13 novembre 2024 et signalée en cours de mise à jour).

Une architecture refondue en 2024, des délais fixés par décret depuis juin 2026

La loi n° 2024-42 a abrogé les anciens articles L614-5 à L614-15 et renvoyé le contentieux de l'OQTF au livre IX du CESEDA, pour les décisions prises à compter du 15 juillet 2024. L'article L614-1 vise l'OQTF et les décisions qui l'accompagnent : décision relative au séjour, décision relative au délai de départ volontaire et interdiction de retour.

Depuis le 8 juin 2026, les articles L911-1 et L921-2 renvoient à un décret en Conseil d'État pour fixer certains délais, désormais inscrits aux articles R911-1 et R921-2-1. Les délais ci-dessous sont ceux de ces textes en vigueur au 26 octobre 2026 : une décision réglementaire suffit désormais à les modifier, d'où l'intérêt de contrôler la version en vigueur à chaque dossier.

Les délais de recours selon la situation de l'étranger

Le délai dépend de la situation de votre client au moment de la notification, et non du seul contenu de la décision.

Changement de situation en cours de délai ou d'instance

Selon l'article R921-1, si le délai d'un mois n'est pas expiré lorsque l'étranger est assigné à résidence ou placé en rétention, il est interrompu et un nouveau délai court : sept jours en cas d'assignation, le délai de l'article R921-2-1 en cas de rétention. L'article R921-2 prévoit un mécanisme comparable en cas de détention, le délai de sept jours courant à compter de l'information donnée par le greffe.

Si l'assignation ou la rétention intervient alors que le recours est déjà pendant, l'article L911-1 impose au tribunal de statuer dans les quinze jours (assignation) ou dans les 144 heures (rétention) suivant la notification de cette décision.

Juridiction compétente et déroulement de l'audience

Le recours se porte devant le tribunal administratif. Selon service-public.gouv.fr, il s'agit du tribunal du ressort de la préfecture auteur de la décision, ou de celui du lieu de rétention ou d'assignation le cas échéant.

Dans les procédures à juge unique, l'article L922-2 permet à l'étranger de demander le concours d'un interprète et la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision a été prise. Il est assisté de son conseil s'il en a un, ou peut demander qu'un avocat lui soit désigné d'office.

Effet suspensif, aide juridictionnelle et référé

L'article L722-7 interdit l'éloignement effectif avant l'expiration du délai de recours ou, si le tribunal est saisi, avant qu'il ait statué. L'appel se forme dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement (article R922-27) et, selon service-public.gouv.fr, ne suspend pas l'exécution de l'OQTF.

Dans la procédure de l'article L911-1, l'étranger peut demander l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de son recours : la demande se prépare donc en même temps que la requête.

Le référé-liberté de l'article L521-2 du code de justice administrative, où le juge se prononce en 48 heures, reste une voie à examiner au cas par cas, notamment lorsque l'éloignement menace pendant l'appel.

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Questions fréquentes

Quel est le délai de recours contre une OQTF ?

Un mois en principe (article R911-1 du CESEDA), sept jours si l'étranger est assigné à résidence ou détenu (article L921-1), 48 heures s'il est placé en rétention (article R921-2-1), à compter de la notification de la décision.

Le recours contre une OQTF est-il suspensif ?

Oui en première instance : l'article L722-7 du CESEDA interdit l'éloignement effectif avant l'expiration du délai de recours ou, si le tribunal est saisi, avant le jugement. L'appel, lui, n'est pas suspensif selon service-public.gouv.fr.

Le délai de 48 heures en rétention peut-il être prolongé ?

Non. L'article R921-3 du CESEDA prévoit que les délais de l'article L921-1 et de l'article R921-2-1 ne peuvent être prorogés.

L'étranger peut-il obtenir un avocat d'office ?

Oui. Dans les procédures à juge unique, l'article L922-2 du CESEDA lui permet de demander qu'un avocat lui soit désigné d'office. L'aide juridictionnelle se demande au plus tard lors de l'introduction du recours dans la procédure de l'article L911-1.

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